Discourir du rêve au coeur du rêve, Etape 1
Performances filmées, 2018-2019
Avec Valérie Blanchon, Marie Deren, Pierre Guyotat, Florence Lazar, Petra Marcuz, Cécile Portier, Isabelle Rivoal, Pia Viewing, Sophie Wahnich.

Dans un rêve, sorte d’objet trouvé, Petra visite une exposition organisée par l’artiste. Sur la base de son récit, cette dernière conçoit le projet artistique collaboratif Discourir du rêve au cœur du rêve. Elle décide d’inviter certains de ses proches à vivre une expérience hypnotique similaire, dans un décor constitué de ses dernières peintures d’ouvriers au travail. Le récit oral des visions se fait au cours de la rêverie. Huit personnes participeront à cette performance filmée, dont l’auteur Pierre Guyotat, quelques mois avant sa disparition.

L’enjeu semble donc ne plus être ni l’artefact, ni l’œuvre qui interroge le monde dans le dessein de le transformer, mais la mise en mouvement de l’imaginaire qui suspend l’œuvre en puissance, dans un dispositif qui cherche la beauté simple de la relation à l’autre, dans l’intimité de l’atelier. Le thème du travail ouvrier vient en arrière-plan du travail artistique opérer une sorte de mise en abyme.

Parmi les « acteurs » de cette performance, sept d’entre eux sont des femmes avec une inscription professionnelle plus ou moins importante dans une pratique artistique. A travers cette œuvre sans fin, sans dedans ni dehors, à l’instar de l’anneau de Moebius, utilisé dans la performance en hommage à l’artiste brésilienne Lygia Clark, Florence de Comarmond semble s’être donné la possibilité de déployer son travail d’artiste en dehors de sa propre maîtrise, à travers la multiplication des auteurs, mais aussi au-delà de sa propre existence. Discourir du rêve au cœur du rêve, c’est peut-être aussi discourir de l’œuvre au cœur de l’œuvre.





