2018-2019 Discourir du rêve au coeur du rêve (performances filmées)

Avec Valérie Blanchon, Marie Deren, Pierre Guyotat, Florence Lazar, Petra Marcuz, Cécile Portier, Isabelle Rivoal, Pia Viewing, Sophie Wahnich. Voir
2009 Film Démocratie ? (Sélection Festival international du documentaire de Marseille 2009)

Fruit d’une collaboration avec l’historienne Sophie Wahnich, le film Démocratie ? peut être vu tout autant comme le questionnement que soulève le seul mot de « démocratie », que comme une méditation visuelle autour d’un paysage urbain aux contours si apparemment pacifiés. L’historienne vient à la rencontre des habitants de la tour dans laquelle est situé l’atelier de Florence de Comarmond. Sans préparation, ces non-spécialistes répondent généreusement et avec conviction aux questions exigeantes, même si leurs réponses empruntent des chemins de traverse qui parfois déroutent le chercheur. Les plans larges sur ce qui se passe à l’extérieur (corps des ouvriers en équilibre sur les toits, enfants, carnaval, paysage urbain…) viennent en contrepoint des visages filmés en intérieur, et accentuent l’abstraction formelle du propos et la sensation d’une définition en creux du mot démocratie. Un jeune étudiant africain apporte son regard pertinent et décalé. > Voir le film (demander un accès)
1997 La Plaine-Saint-Denis (5 photographies couleurs, 120 X 120 cm) Collection Fond national d’art contemporain 2002

A partir de la vision à la porte d’une usine désaffectée d’un homme noir vêtu de blanc (sorte de figure christique) alors que nous travaillions collectivement — avec les artistes Marc Pataut, Paola Salerno,… — à une exposition sur le territoire, en pleine mutation, de La Plaine-Saint-Denis. Cette série débute par une interrogation sur une singularité dans le paysage français : la présence de noix de coco jonchant un terrain vague arboré, derrière un entrepôt désaffecté. Il s’agissait de vestiges de rituels magiques, indices de la présence d’une communauté religieuse d’origine africaine, “diasporas de publics enfermés dans leur bulle” (Arjun Appadurai, Après le colonialisme) nés de la globalisation et des mouvements migratoires postcoloniaux. Ils s’étaient installés dans les vides laissés par la déterritorialisation des lieux de production. Il se nommaient eux même des « oiseaux migrateurs ».
Terrain vague, noix de coco, derrière l’Église du Christianisme Céleste, la Plaine St-Denis, photographie couleur, 120 x 120 cm, 1997.
La série complète acquise par le FNAC sur le site de la Collection du Centre national des arts plastiques, 5 photographies, 120 X120.
2001 Un autre pays (installation)

Installation pour l’exposition « Des territoires » (commissaire Jean-François Chevrier, 2001, Paris) qui réutilisait le matériau exotique de la noix de coco découverte à la Plaine Saint-Denis et d’une mousse industrielle noire. Ce décor pouvait être la métaphore d’un autre pays, territoire intérieur que s’inventeraient les exilés, déplacés réfugiés politiques et économiques constituant les nouvelles diasporas.
Lien vers le texte Jean-François Chevrier, catalogue Des Territoires.
2003 Salons ovales (photographies couleur)

Photographies mises en scène dans l’ancien Maao (Musée des Arts Africains et Océaniens) aujourd’hui Musée de l’Immigration. « L’histoire n’est ni dans les fresques, ni dans les textes, elle se noue dans les corps. Elle les traverse, les disperse, les divise, les égare. Elle se joue du temps homogène et vide. Elle est toujours pour une partie inactuelle, achronique et présente. Cette histoire, c’est celle de ces enfants qui avec maladresse reprennent possession des lieux. Les regards sont intenses, décidés, frondeurs. L’un est assis au fond d’un des beaux fauteuils années trente, l’autre pose sa main sur le buste féminin, qui ici n’a plus l’allure d’un spectre mais plutôt d’un objet familier.» Sophie Wahnich, 2005. Lien vers le texte de sophie Wahnich.
2006 Aquarium tropical (installation vidéo 5:11min en boucle)

De la série « Derrière l’exotisme », qui interroge notre rapport post-colonial à l’exotisme, cette vidéo a été réalisée à partir de photographies prises devant les anciennes cartes coloniales de l’aquarium tropical du Palais de la Porte Doré, qui abrite également aujourd’hui la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Extraits musicaux : « Machinations » de Georges Aperghis (2000). Performeurs : Christophe Constantin, Florence Lazar, Isabelle Maurel et Gérard Vidal.
2006 Exotic-dance (installation vidéo 3:28 min en boucle)

De la série « Derrière l’exotisme », qui interroge notre rapport post-colonial à l’exotisme, cette vidéo a été réalisée à partir de photographies prises dans les anciens salons de réception des commissaires de l’exposition coloniale de 1931. Salons que l’on peut encore visiter dans le bâtiment Art déco qui abrite aujourd’hui la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Porte Dorée, à Paris. Extraits musicaux : « Machinations » de Georges Aperghis (2000). Performeurs : Christophe Constantin, Florence Lazar, Isabelle Maurel et Gérard Vidal.
2003 Un autre pays, chanson (pièce sonore)
« Un autre pays (chanson), à la rythmique afro-américaine samplée est improvisée par une chanteuse (Daisy Bolteer) sur le texte écrit par Florence de Comarmond : le chant interprète librement le texte, de même que l’exilé doit interpréter et inventer ses conditions d’existence, contrairement à celui qui vit dans des traditions qui lui préexistent. Le dispositif d’écoute mobile, avec écouteurs suspendus, est inconfortable, reproduisant la situation inconfortable de l’habitant d’un territoire mobile. La chanson, et la ritournelle en particulier, est liée à un territoire, une identité. Le texte écrit par Florence de Comarmond sur le thème de l’exil représente la situation de personnes vivant loin de leur patrie, sans territoires ni pays. Convoquant la figure de Sénèque, dont les paroles du refrain sont une citation (L’exil, extrait de Consolation à Helvia, ma mère), l’artiste donne ainsi une vision historique de la question très actuelle du déplacement de population – le terme « déplacer » fonctionnant ici dans son sens littéral bien sûr, et surtout dans son sens figuré qui connote plus justement cette cruelle réalité́ d’être « déplacé́ », c’est-à-dire pas à sa place, dont le clandestin est la figure tragique : n’ayant pas de place dans son pays d’accueil, ni dans son pays d’origine, il n’est à sa place nulle part. Ce chant de l’exilé, nécessairement nostalgique et doux, met l’accent sur la condition d’un être » indésirable économiquement « , qui est celle du clandestin : » J’ai fait ce rêve/ »economically desirable »/is something like that. «
Les habitants d’un territoire transitoire, incertain et mouvant, dont la mobilité́ devient une condition d’existence nécessaire à leur survie, rêvent d’un « home », terre d’origine et d’accueil, et recréent ainsi des « communautés imaginées » assumant la fonction protectrice pour ses membres – ce qui est le sens même d’une communauté. Le mode de vie mobile est donc empreint de la nostalgie d’un « home » ; la terre d’origine devient une terre virtuelle : « Je rêve d’un vieux concept de home ». La chanson témoigne de l’invention et de la conquête de nouvelles manières de vivre par des communautés qui intègrent des forces contradictoires (celle du mouvement migratoire et celle du désir de s’installer), en même temps qu’elles restent liées, grâce au net, à des traditions malgré l’éloignement et leur dispersion. » > Lien vers le texte d’Anne-Marie Morice, revue Synesthésie n° 14, 2003.